Claudio a fait des courses de neige et gravi des voies mixtes, mais il n'appartenait vraiment qu'au rocher, pour ne pas dire exclusivement aux parois des Dolomites. Il a grimpé dans les Pyrénées, en Autriche, en Allemagne, en France, en Suisse, en Italie, en somme sur tout l'arc alpin, mais dans les Dolomites la nature du rocher et sa configuration répondaient intimement à sa propre nature. Claudio vivait précisément ce que Comici avait exprimé dans son fameux commentaire de sa première solitaire de la Cima Grande : la volupté de vaincre seul le vide et le surplomb.
Il n'y a pas de volupté à errer entre les crevasses, à se traîner pendant des heures, péniblement, dans la neige pourrie, à s'enfoncer, à geler, à souffrir durant une marche d'approche.
La volupté appartient au rocher resplendissant, vertical, pur, et Claudio appartenait à cette "perfection solaire". Il haïssait les longues marches d'approche, les fatigues, les gaspillages d'énergie.
- "C'est absurde - disait-il - de gaspiller ses forces à marcher, au lieu de les employer pour grimper."
Claudio, sur sentier, était d'ailleurs maladroit, il trébuchait souvent.
Il appréciait une vie agréable et était capable de créer le luxe même en bivouaquant dans sa petite tente, dans une malga abandonnée ou dans un simple fenil.
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