Essayons
de définir le sport de l'escalade : l'escalade consiste à gravir une paroi de rocher en utilisant les aspérités et les renfoncements naturels.
Les pitons et autres procédés analogues ne doivent être utilisés pour la progression que dans les cas d'absolue nécessité.
Actuellement est appelée "libre" toute voie faisable sans étrier. Une voie de 30 mètres avec 20 pitons, effectuée sans étrier, est considérée comme "libre". Une voie de 30 mètres avec un seul piton, mais qui nécessite l'emploi d'un étrier, est considérée
comme voie d'escalade mixte. Or, les deux voies ont un point commun : enlevez
la ferraille et plus personne ne passera.
Tous les grimpeurs de Freyr m'accorderont que le pitonnage y est presque toujours
fort généreux. Lionel Terray me disait en octobre 1963 : "De toutes les écoles d'escalade que je connaisse, c'est à Freyr
qu'il y a le plus de clous !"
D'une part, ce pitonnage surabondant augmente la sécurité. D'autre part, de
nombreux grimpeurs se lancent dans des voies qui dépassent leurs capacités.
Ils se servent sans scrupules de ces pitons comme prises artificielles. Or,
en escamotant au moyen de pitons la difficulté des passages, on ne peut estimer
avoir réellement réussi une voie. Cela équivaut à se titrer à une
corde fixe !
Pour sa sécurité, un grimpeur consciencieux mousquetonnera les pitons. |
|
 |
Mais
il s'abstiendra rigoureusement de les utiliser pour faciliter sa
progression (sauf, bien sûr, si le piton est indispensable). Il
faut un certain effort de volonté pour ne pas se tirer à un piton.
Mais le risque est nul, puisque les passages effectués "sans" se font évidemment
sous la protection de la corde passée au piton que l'on se propose de "sauter".
Le plus souvent (cas des pitons auxquels on se tire) le grimpeur sera assuré d'au-dessus
de lui et, dans le cas le plus défavorable, par un piton situé à la hauteur de
ses pieds. Donc, en toute circonstance, de très près. Avantage pour le second
de cordée : plus de problèmes pour récupérer les mousquetons. Il les enlève avant
d'effectuer le passage.
A première vue, de nombreux passages semblent infranchissables sans moyens artificiels. En fait, les pitons réellement indispensables représentent l'exception. Pour faciliter la pratique de l'escalade pure, il faudrait peindre en rouge les pitons de progression. Comme ce travail demandera un certain temps, je donne ci-après une première liste de voies, avec les indications relatives aux pitons d'assurance ou de progression.
Si, après une certaine distance, le grimpeur se sent fatigué, il s'installera sur un étrier pour se reposer. Après quoi, il redescendra sous le piton et reprendra l'escalade.
Certains diront : "Je me moque bien des règles de style que l'on voudrait instaurer. Je grimpe pour mon plaisir!" Certes, |
|
 |